Différentes notions de rendement
Introduction
Si votre portefeuille a donné un rendement de 10 % au cours d’une période donnée, pouvez-vous en conclure qu’il s’agit d’un bon rendement? À première vue ce rendement semble très satisfaisant…jusqu’à ce que vous sachiez qu’un autre gestionnaire a dégagé un rendement de 12 % pour le même genre de portefeuille. Dans ce cas le rendement de 10 % devient beaucoup moins intéressant. Et pourtant il s’agit bel et bien du même 10 % de départ. Et si, pendant la même période, l’indice des prix à la consommation (IPC ou inflation) a augmenté de 1 %, votre opinion change-t-elle? On sent bien intuitivement que cela suppose différentes notions de rendement.
Rendement absolu
Le rendement absolu est le rendement tel que calculé sur un ensemble de titre. Dans l’exemple ci-haut, le rendement absolu a été de 10 %. Il est rare d’utiliser l’expression « rendement absolu ». Dans le langage courant, on fait plutôt référence au « rendement ». Il est toutefois bon de savoir que d’autres expressions existent pour désigner la même réalité. On utilise parfois l’expression « rendement nominal » pour désigner le rendement absolu.
Rendement relatif
Qu’est-ce qui vous a amené à trouver le rendement de 10 %, dans l’exemple ci-haut, moins intéressant? C’est simplement le fait d’avoir un point de comparaison à savoir qu’un autre gestionnaire a dégagé un rendement de 12 %. C’est ici qu’entre en jeu la notion de rendement relatif ou écart de rendement. En effet, le rendement de 10 % n’est pas très intéressant relativement à celui de 12 %. Ainsi, votre portefeuille a dégagé un rendement relatif de – 2 % (10 % - 12 %) par rapport au rendement obtenu par l’autre gestionnaire. Lorsqu’on parle de rendement relatif, il faut donc toujours préciser le point de comparaison.
Rendement réel
Dans l’exemple ci-haut, il est précisé que pendant la même période, l’inflation a été de 1 %. Pourquoi faire référence à l’inflation? C’est toute la notion de pouvoir d’achat qui est en jeu. En effet, votre portefeuille a dégagé un rendement de 10 % alors que l’inflation a grugé seulement 1 % de votre pouvoir d’achat. Par simple soustraction, votre pouvoir d’achat s’est amélioré de 9 % (10 % - 1 %)[1]. Examinons le graphique ci-dessous :

Sur ce graphique, on voit que les premiers pourcentages de rendement ont simplement servi à maintenir votre pouvoir d’achat, à contrecarrer les effets de l’inflation (IPC). Vous ne vous êtes pas vraiment enrichi. Votre enrichissement réel se trouve au-dessus de l’inflation, là où votre pouvoir d’achat s’est amélioré. C’est ce qui s’appelle le rendement réel.
Bien sûr, ce raisonnement est valable tant et aussi longtemps que vous n’avez pas d’impôt à payer sur l’investissement. En cas d’impôt à payer, votre rendement absolu net d’impôt est diminué, mais le raisonnement global reste valable.
Conclusion
Il n’est pas suffisant de constater le rendement obtenu sur un portefeuille pour mesurer votre satisfaction du rendement. D’autres notions sont nécessaires. Outre le rendement absolu, les rendements relatif et réel permettent d’avoir une opinion éclairée au sujet de votre rendement.
[1] La soustraction demeure une approximation généralement utilisée et très acceptable du rendement réel.






















