Les normes GIPS ® et la juste valeur marchande
Lorsqu’une société de placement publie un rendement, devez-vous accorder de la crédibilité à ce rendement ou, au contraire, cette publication doit-elle éveiller votre méfiance? D’entrée de jeu, il est toujours préférable d’être un investisseur averti plutôt que d’être un investisseur naïf. Cela vaut aussi pour la notion de rendement. Une société de placement sérieuse ne peut calculer le rendement de façon aléatoire, ni présenter les rendements qui l’avantagent sans donner le portrait d’ensemble.
Les normes GIPS®
Dans l’industrie du placement, il existe des normes de calcul du rendement et de présentation des rendements : les GIPS® (en anglais seulement : http://www.gipsstandards.org/). GIPS® signifie Global Investment Performance Standards. Ces normes visent à uniformiser le calcul et la présentation des rendements au niveau international sur la base de principes éthiques, particulièrement dans la perspective de recherche de nouveaux clients.
Avant l’adoption de normes, chaque gestionnaire de fonds pouvait calculer les rendements à sa manière. Dès lors, il devenait difficile, voire impossible, de comparer le rendement obtenu par deux gestionnaires différents. De plus, dans la recherche de nouveaux clients, certains gestionnaires faisaient valoir le meilleur rendement obtenu pour un client. Or, ce rendement ne reflétait pas nécessairement le rendement obtenu pour l’ensemble de ses clients pour le même genre de portefeuille. Il devenait donc difficile pour un client potentiel d’évaluer le travail d’un gestionnaire de portefeuille sur des bases solides. Question de transparence, des normes s’imposaient.
Les normes GIPS® établissent de façon claire comment évaluer des placements et comment calculer leur rendement.
La juste valeur marchande
Les normes GIPS® précisent que la juste valeur marchande doit être utilisée pour le calcul des rendements. Prenons un exemple.
| Événement | Juste valeur marchande |
| Vous avez acheté un titre il y a cinq ans au coût de 100 $ | 100 $ |
| Au 31 décembre de l’année dernière, le titre valait 200 $ | 200 $ |
| Aujourd’hui, 31 décembre, le titre vaut 250 $ | 250 $ |
Pour connaître le rendement de la dernière année, vous devez considérer la juste valeur marchande du 31 décembre de l’année dernière (200 $) et la juste valeur marchande de cette année (250 $). En effet, le prix payé n’a aucune importance dans le calcul du rendement de l’année courante. Le seul moment où vous devrez vous intéresser au prix payé est lors de la vente puisque vous devrez calculer le gain en capital pour des fins fiscales si le titre n’est pas détenu dans le cadre d’un REER ou d’un CELI.
Plusieurs nuances pourraient être apportées ici pour refléter différentes situations comme, par exemple, si vous avez acquis le titre au cours de l’année courante. Toutes les nuances sont reflétées dans les normes. Il n’est toutefois pas nécessaire, dans le cadre de ce texte, d’élaborer sur les différentes situations.
L’établissement de la juste valeur
Les normes GIPS® précisent que, s’il s’agit d’un titre liquide, c’est-à-dire qui peut se négocier facilement comme un titre inscrit à une bourse reconnue, la juste valeur marchande du titre est celle de la bourse à la fermeture des transactions. Ainsi, dans le cas d’un titre boursier, vous devez consulter le site de la bourse en question pour connaître la juste valeur du titre à la date choisie.
Des mécanismes semblables existent en ce qui concerne les obligations négociables puisque les titres facilement négociables sont cotés sur des écrans d’information accessibles à tous les courtiers et aux gestionnaires de portefeuille professionnels. Il est donc relativement facile « d’observer » de façon objective la juste valeur d’un titre obligataire.
Par ailleurs, les choses se corsent lorsqu’il s’agit de la juste valeur d’un immeuble ou d’un titre de placement privé. En effet, il n’existe pas de marché organisé pour ce genre de titre. Comment établir la juste valeur d’un titre dans de telles circonstances? Par comparaison et en faisant appel à des professionnels de l’évaluation. De tels professionnels existent pour les immeubles ou pour les petites entreprises. Ces professionnels examinent des titres semblables sur la base de l’industrie, de la taille d’entreprise, d’autres entreprises, même de grande taille, dans le même secteur d’activité. Différents ratios financiers peuvent alors être comparés compte tenu du stade de développement de la société et avec une bonne dose de jugement, on peut en arriver à établir la juste valeur marchande du titre.
Une fois la juste valeur marchande établie, on peut alors calculer le rendement à partir de formules mathématiques établies.
Conclusion
La conformité aux normes GIPS® dans le calcul et la présentation des rendements permet d’augmenter la confiance dans les rendements passés que vous observez. Ces normes ne tirent aucune conclusion quant à la qualité du rendement ou du gestionnaire. Elles précisent simplement la façon de calculer le rendement et la façon de le présenter. À partir d’une base solide, vous devez tirer vos propres conclusions.






















