Connaissance et sensibilisation des travailleurs québécois en matière de questions financières
Préambule
Du 2 au 28 juin 2011, la firme de recherches et sondages SOM a réalisé un sondage d’envergure pour le compte de Question Retraite et de la Régie des rentes du Québec auprès des travailleurs québécois de 25 à 44 ans pour connaître leur opinion en matière d’épargne et de finances personnelles.
Dans cette chronique, l’auteur présente les principaux résultats propres à deux volets du sondage, à savoir : (1) l’attitude et le niveau de connaissances des travailleurs québécois à l’égard des questions financières et, (2) le degré de sensibilisation et l’intérêt de ces travailleurs eu égard à la publicité et à l’information financière.
1. ATTITUDE ET NIVEAU DE CONNAISSANCES DES TRAVAILLEURS QUÉBÉCOIS À L’ÉGARD DES QUESTIONS FINANCIÈRES
La majorité des travailleurs québécois de 25 à 44 ans reconnaissent s’y connaître peu (43 %) ou pas du tout (11 %) en matière de finance et de placements. En fait, seulement 8 % de ces travailleurs disent s’y connaître beaucoup en la matière.
Dans l’ensemble, c’est tout de même un sujet (la planification financière de la retraite) qui intéresse la plupart des travailleurs interrogés, soit beaucoup (15 %) ou assez
(44 %), bien que cela en laisse une bonne proportion (41 %) que ce sujet n’intéresse pas.
On considère important que les jeunes soient sensibilisés dès l’adolescence aux questions financières et à l’épargne : la majorité des répondants (56 %) considère que c’est très important et la plupart des autres (37 % du total) considèrent que c’est assez important. On considère de plus que ce sont surtout les parents (63 %) et l’école (21 %) qui sont responsables de sensibiliser les jeunes à ces sujets.
On considère tout aussi important que les jeunes travailleurs soient sensibilisés dès leur arrivée sur le marché du travail à l’importance de l’épargne-retraite : cinq travailleurs sur huit (62 %) trouvent que c’est très important et la plupart des autres (34 % du total) disent que c’est assez important pour un total de 96 %. Cependant, dans ce cas, on est partagé sur la question de savoir à qui incombe cette responsabilité de les sensibiliser : les parents (29 %), l’employeur (27 %), les institutions financières (16 %) ou le gouvernement (15 %).
2. SENSIBILISATION ET INTÉRÊT DES TRAVAILLEURS QUÉBÉCOIS FACE À LA PUBLICITÉ ET L’INFORMATION FINANCIÈRE
Les travailleurs se partagent exactement moitié-moitié entre ceux qui aimeraient en connaître davantage sur les questions de finances personnelles et ceux qui ne le souhaitent pas.
Dans le cas de ceux qui ne le souhaitent pas, le plus souvent c’est parce qu’on considère qu’on en sait déjà bien suffisamment (41 %). La plupart des autres disent que ces sujets ne les intéressent pas du tout (15 %) ou qu’ils ont déjà un conseiller pour ça (14 %).
Pour ceux que ça intéresse, les sujets de l’heure seraient :
1. les types de placements et comment faire de bons rendements (43 %);
2. les régimes de retraite et leur fonctionnement (37 %);
3. les REER et les CELI et leur fonctionnement (17 %).
On se sent par ailleurs plus ou moins interpellé par la publicité habituelle sur les REER. Ainsi, une majorité de ces travailleurs (55 %) sont d’avis que la publicité traditionnelle sur des REER et autres formes d’épargne pour la retraite ne les rejoint pas, surtout chez les moins de 40 ans.
D’autres idées (qui étaient ressorties lors de groupes de discussion sur les communications et la publicité sur l’épargne retraite) ont aussi été validées lors du sondage. Voici les proportions de travailleurs qui sont d’accord avec les différentes positions testées :
• le fait de vous présenter des avantages à court terme d’un REER ou d’un CELI vous incite à épargner (67 %) et, serait une publicité plus convaincante pour inciter les gens à épargner que celles que l’on voit présentement (62 %);
• les publicités sur les REER s’adressent davantage à des gens d’une autre génération que la vôtre (37 %);
• lorsque vous entendez le mot retraite, vous vous dites que c’est pour les autres (22 %).
En conclusion, il s’avère que pour les travailleurs québécois âgés de 25 à 44 ans (la clientèle cible de Question Retraite), la planification de la retraite est un sujet d’intérêt pour la plupart, mais pas pour tous. Enfin, il est clair que ce groupe se sent moins interpellé par la publicité habituelle, soit celle que l’on voit pour faire la promotion des REER ou autre forme d’épargne.
Avis aux intéressés!
Gilles Bernier, Ph.D., Professeur et titulaire
Chaire d’assurance et de services financiers, FSA, Université Laval, partenaire de Question Retraite






















