Perceptions de la publicité sur l'épargne-retraite par les travailleurs québécois

Que pensent les travailleurs québécois de la publicité sur l’épargne-retraite ? Trouvent-ils qu’ils sont la cible de la publicité sur les REER? Sont-ils pour ou contre la publicité-choc sur l’épargne-retraite? Sont-ils attirés par les avantages à court terme d’un REER ou d’un CELI?

C’est pour répondre entre autres à ces interrogations que Question Retraite et la Régie des rentes du Québec ont intégré dans leur sondage 2011 des éléments portant sur la perception de la publicité sur l’épargne-retraite auprès des travailleurs québécois âgés de 25 à 44 ans..  

  

La publicité sur les REER : est-ce qu’elle me concerne?

 

Dans des groupes de discussion qui ont eu lieu en mars 2011, certains travailleurs ont spécifié que les publicités ne s’adressaient pas à leur groupe d’âge. Cette constatation se trouve un peu confirmée dans le présent sondage puisque non seulement 37 % des répondants sont d’avis que les publicités sur les REER s’adressent davantage à une autre génération que la leur, mais surtout, plus on est jeune, plus on est d’accord avec cet énoncé. Pour les jeunes âgés entre 25 et 29 ans, 47 % d’entre eux confirment ce constat. Par contre, ce sont moins de 30 % parmi les travailleurs âgés entre 40 et 44 ans, qui sont d’accord avec cette affirmation.

Mais, comme on sait que le taux de détention de REER est beaucoup plus faible chez les plus jeunes,  plusieurs questions se posent : « Est-ce parce que les messages publicitaires ne sont pas adaptés aux jeunes qu’ils n’y adhérent pas ou est-ce parce qu’ils ne constituent pas une clientèle prioritaire visée par ces publicités?

 

Pour ou contre la publicité-choc sur l’épargne-retraite : La réponse est oui!

Comme l'illustre le graphique ci-dessous, la plupart des jeunes travailleurs considèrent qu’une publicité-choc où on verrait l’effet de ne pas avoir épargné serait plus convaincante que le type de publicité que l’on voit présentement. L’opinion des 40 à 44 ans à ce sujet est toutefois plus partagée que dans les autres groupes d’âges. En général, cinq travailleurs sur huit (62 %) adhèrent à cette conclusion. Par contre,  il ne faut pas oublier que les travailleurs québécois ne sont pas nécessairement des spécialistes des communications. Il reste à vérifier si en pratique, une telle publicité serait effectivement convaincante ou non.

  

 

Le mot retraite n’est pas nécessairement repoussant

Seulement 22 % des travailleurs de 25 à 44 ans sont d’accord pour dire que lorsqu’ils entendent le mot retraite dans une publicité ou sous une autre forme de communication, ils se disent que c’est pour les autres. Ce résultat varie très peu selon les groupes d’âges, sauf chez les travailleurs de 35 à 39 ans où le mot retraite semble être plus accepté. 

 

 

Il y en a cependant une proportion plus importante qui sont de cet avis parmi les groupes suivants :

  • ceux qui travaillent à temps partiel (34 %);
  • ceux qui n’ont pas dépassé le secondaire (27 %);
  • ceux qui se considèrent comme endettés (très ou moyennement) (26 %).

Par ailleurs, ce sentiment est fortement corrélé avec le revenu des répondants. Ainsi, les proportions de travailleurs d’accord s’établissent comme suit selon le revenu :

  • moins de 40 000 $ (30 %);
  • 40 000 $ à 60 000 $ (19 %);
  • 60 000 $ à 80 000 $ (14 %);
  • 80 000 $ ou plus (7 %).

Comme on le voit, plus on dispose de moyens financiers, plus on semble réceptif à l’utilisation du mot retraite dans les communications.

 

Faut-il vanter les avantages à court terme d’un REER ou d’un CELI pour inciter les travailleurs à l’épargne?

Selon le sondage SOM, les deux tiers des travailleurs disent que le fait de vanter les avantages à court terme d’un REER ou d’un CELI les incite à épargner. Ces proportions sont plus fortes surtout chez les travailleurs québécois qui possèdent des REER (73 %) ou des CELI (79 %). De plus, 81 % de ceux qui ont l’anglais comme langue maternelle et 72 % de ceux qui ont un diplôme universitaire adhérent à cette proposition, de même que 74 % de ceux qui ont un revenu entre 40 000 $ et 60 000 $.

 

 

 

Nizar Zaghdani, M Sc
Responsable marketing marché de l'épargne retraite
Fonds de solidarité FTQ, partenaire de Question Retraite



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